Les principales régions productrices de matcha au Japon

Les principales régions productrices de matcha au Japon

Uji, Kagoshima, Nishio, Shizuoka… Le matcha japonais est produit dans plusieurs régions, chacune possédant son climat, ses cultivars, ses méthodes de culture et son histoire.

Uji, près de Kyoto, reste de loin le nom le plus célèbre et le plus étroitement associé à l’histoire du matcha. Mais la production japonaise actuelle est beaucoup plus vaste. Kagoshima, tout au sud du Japon, est notamment devenue un acteur majeur de la production de tencha, la matière première utilisée pour fabriquer le matcha.

Alors, où le matcha est-il réellement produit au Japon ? Et quelles différences existe-t-il entre les principales régions ?

Avant le matcha, il y a le tencha

Pour comprendre les régions de production du matcha, il faut d’abord connaître un terme essentiel : tencha (碾茶).

Le matcha n’est pas une variété particulière de théier. Il provient, comme les autres thés japonais, de Camellia sinensis.

Sa particularité vient essentiellement de sa culture et de sa transformation.

Quelques semaines avant la récolte, les théiers destinés à la fabrication du tencha sont généralement ombragés afin de réduire fortement leur exposition à la lumière. Cette pratique influence la composition de la feuille et contribue notamment au profil végétal, doux et riche en umami recherché dans le matcha.

Après la récolte, les feuilles sont étuvées pour interrompre leur oxydation, puis séchées sans être roulées comme le sont celles destinées au sencha. Après différentes étapes de finition, on obtient le tencha.

C’est ensuite ce tencha qui est finement broyé pour devenir du matcha.

Ainsi, lorsqu’on s’intéresse à la production de matcha au Japon, la production de tencha constitue un indicateur particulièrement important.

La transformation complète de cette feuille suit ensuite plusieurs étapes bien précises, de l’ombrage jusqu’au broyage. Découvrez comment est fabriqué le matcha japonais.

1. Uji et Kyoto : le berceau historique du matcha japonais

Impossible d’évoquer le matcha sans commencer par Uji, au sud de Kyoto.

C’est probablement l’origine la plus prestigieuse et la plus connue du thé japonais.

La région de Kyoto possède une histoire du thé vieille de plusieurs siècles. La culture du thé s’y développe notamment à partir du Moyen Âge et Uji devient progressivement l’un des centres les plus importants de production et de perfectionnement des thés japonais.

Elle jouera également un rôle majeur dans le développement des techniques de culture sous ombrage, aujourd’hui indissociables de la production du tencha et du gyokuro.

Uji est plus qu’une ville

Lorsqu’un thé est associé à Uji, il ne faut pas nécessairement imaginer une plantation située au centre de la ville d’Uji.

La grande région historique du thé de Kyoto comprend notamment des zones de production comme :

  • Uji ;
  • Wazuka ;
  • Ujitawara ;
  • Minamiyamashiro ;
  • Kizugawa.

Wazuka, en particulier, est aujourd’hui entourée de spectaculaires plantations de thé et constitue l’une des zones de production importantes de la préfecture de Kyoto.

Uji est donc à comprendre à la fois comme une origine géographique et comme un héritage historique et culturel du thé japonais.

Pourquoi le matcha d’Uji est-il si réputé ?

Sa réputation repose moins sur un facteur unique que sur l’accumulation de plusieurs siècles de savoir-faire : culture sous ombrage, sélection des feuilles, transformation du tencha, assemblage et préparation du thé.

La région reste particulièrement associée aux matchas traditionnels haut de gamme et à la culture du chanoyu, la cérémonie japonaise du thé.

Mais prestige historique ne signifie pas que tout matcha provenant d’Uji est automatiquement supérieur à un matcha provenant d’une autre région.

L’origine n’est qu’un des nombreux critères qui déterminent la qualité.

2. Kagoshima : le grand territoire du matcha japonais moderne

À l’autre extrémité du pays se trouve Kagoshima, dans le sud de l’île de Kyūshū.

Son environnement est très différent de celui de Kyoto.

Le climat y est plus chaud, la saison de croissance commence plus tôt et de nombreuses plantations s’étendent sur des terrains relativement vastes et plats, facilitant la mécanisation.

Longtemps moins connue internationalement qu’Uji, Kagoshima est aujourd’hui devenue l’une des régions essentielles du thé japonais. Le matcha de Kagoshima se distingue notamment par la diversité de ses cultivars et par l’importance prise par la production locale de tencha.

Selon l’association des producteurs de thé de Kagoshima, la préfecture a produit 2 670 tonnes de tencha en 2025, la plaçant au premier rang national pour cette production.

Une récolte plus précoce

Le climat méridional de Kagoshima permet au thé de commencer sa croissance plus tôt que dans les régions situées plus au nord.

Dans certaines parties de la préfecture, les premières récoltes de thé peuvent commencer dès la fin du mois de mars ou au début du mois d’avril.

Cette longue saison de culture est l’un des grands avantages agricoles de Kagoshima.

Une grande diversité de cultivars

L’autre particularité de Kagoshima est la diversité des cultivars, c’est-à-dire les différentes variétés cultivées de théier.

Parmi ceux présents dans la région, on retrouve notamment :

  • Yabukita ;
  • Okumidori ;
  • Saemidori ;
  • Yutakamidori.

Le cultivar peut avoir une influence importante sur la couleur, l’arôme, l’umami, l’astringence ou encore la texture d’un matcha.

Cette diversité constitue l’une des grandes richesses de Kagoshima et permet d’y produire des matchas aux profils très différents.

3. Nishio et Aichi : une autre grande tradition du matcha

À l’ouest de Tokyo, dans la préfecture d’Aichi, se trouve Nishio.

La région est moins connue du grand public européen qu’Uji, mais elle possède elle aussi une longue histoire liée au thé et une forte spécialisation dans la production de tencha et de matcha.

Au fil du temps, Nishio a développé tout un savoir-faire autour de la culture sous ombrage, de la transformation du tencha et de son broyage.

La région est ainsi devenue l’un des noms traditionnellement associés au matcha japonais.

Nishio illustre également un point important : un grand terroir de matcha n’est pas uniquement un endroit où poussent des théiers.

Il faut aussi des producteurs maîtrisant la culture sous ombrage, des installations adaptées à la fabrication du tencha, des spécialistes de la finition et de l’assemblage, ainsi qu’un savoir-faire dans le broyage.

C’est tout cet écosystème qui contribue à l’identité d’une région productrice.

4. Shizuoka : le géant du thé japonais

Shizuoka, située entre Tokyo et Nagoya et dominée par l’image du mont Fuji, est l’une des régions historiques les plus importantes du thé japonais.

Elle est surtout connue pour la production de sencha, le thé vert infusé extrêmement populaire au Japon.

Son nom est donc moins spontanément associé au matcha que ceux d’Uji ou Nishio.

Mais l’augmentation de la demande mondiale de matcha a progressivement encouragé des producteurs et transformateurs de plusieurs régions traditionnellement tournées vers d’autres thés à développer leur production de tencha.

Grâce à son immense savoir-faire agricole et à son importante infrastructure consacrée au thé, Shizuoka fait désormais partie des régions à prendre en compte dans le paysage du matcha japonais contemporain.

5. Yame et Fukuoka : la tradition des grands thés ombragés

Sur l’île de Kyūshū se trouve également Yame, dans la préfecture de Fukuoka.

Yame est particulièrement connue des amateurs de thé japonais pour son gyokuro, l’un des thés verts les plus prestigieux du Japon.

Or, gyokuro et matcha ont un point commun important : ils appartiennent à l’univers des thés cultivés sous ombrage.

La méthode de transformation est différente — le gyokuro est roulé et infusé tandis que le tencha est destiné à être moulu — mais la région possède une expertise historique particulièrement précieuse dans la culture des feuilles privées d’une grande partie de la lumière avant la récolte.

Du tencha et du matcha sont donc également produits dans cette partie de Fukuoka.

D’autres régions japonaises produisent-elles du matcha ?

Oui.

La production japonaise ne se limite pas à Uji, Kagoshima, Nishio, Shizuoka et Yame.

On trouve également du tencha dans d’autres préfectures productrices de thé, notamment :

Mie, importante région théicole du centre du Japon ;

Nara, voisine de Kyoto et dotée elle aussi d’une ancienne tradition du thé ;

Miyazaki, voisine de Kagoshima sur l’île de Kyūshū.

La géographie du matcha japonais est donc beaucoup plus diversifiée que ne le laisse parfois penser sa commercialisation en Occident.

Uji, Kagoshima, Nishio… quelles sont les principales différences ?

Région Préfecture Ce qui la caractérise
Uji / Kyoto Kyoto Référence historique du matcha et forte tradition des thés ombragés
Kagoshima Kagoshima Production moderne très importante et grande diversité de cultivars
Nishio Aichi Longue spécialisation dans le tencha et le matcha
Shizuoka Shizuoka L’une des grandes régions historiques du thé japonais
Yame Fukuoka Savoir-faire particulièrement reconnu dans les thés ombragés
Mie Mie Importante région de production de thé
Nara Nara Ancienne tradition du thé à proximité de Kyoto
Miyazaki Miyazaki Région méridionale bénéficiant d’un climat favorable au thé

La région détermine-t-elle la qualité d’un matcha ?

Non. Et c’est probablement le point le plus important à retenir.

L’origine permet de comprendre une partie de l’identité d’un matcha, mais elle ne suffit pas à déterminer sa qualité.

Deux matchas provenant de Kagoshima peuvent être extrêmement différents. Il en va exactement de même pour deux matchas provenant de Kyoto.

Parmi les éléments à prendre en compte figurent notamment :

  • la région et la parcelle de culture ;
  • le cultivar ;
  • la période de récolte ;
  • l’âge des feuilles récoltées ;
  • la méthode et la durée d’ombrage ;
  • le travail agricole ;
  • la transformation du tencha ;
  • l’assemblage éventuel de plusieurs lots ou cultivars ;
  • le broyage ;
  • la fraîcheur ;
  • les conditions de stockage.

Une origine prestigieuse ne constitue donc jamais, à elle seule, une garantie absolue.

Uji ou Kagoshima : quelle région produit le meilleur matcha ?

La comparaison entre Uji et Kagoshima mérite d’être examinée en détail : histoire, climat, cultivars et méthodes de production diffèrent fortement entre ces deux régions.

Uji et Kyoto possèdent une importance historique exceptionnelle et restent intimement liés à la culture traditionnelle du matcha.

Kagoshima représente davantage le visage moderne de la production japonaise : de grandes plantations, une production de tencha devenue considérable et une diversité remarquable de cultivars.

Nishio possède également une longue tradition et une spécialisation historique dans le matcha.

Plutôt que de chercher quelle région est « la meilleure », il est donc plus intéressant de comprendre ce qui caractérise le matcha que l’on déguste.

Son origine est un premier indice.

Le cultivar, la récolte et le travail du producteur permettent ensuite d’aller beaucoup plus loin.

En résumé

Le matcha est aujourd’hui produit dans plusieurs régions du Japon.

Uji et Kyoto représentent son héritage historique.
Kagoshima s’est imposée comme l’un des grands centres de production contemporains.
Nishio possède une longue spécialisation dans le matcha.
Shizuoka, Yame, Mie, Nara ou Miyazaki participent également à la diversité de la production japonaise.

Et c’est précisément cette diversité qui rend le matcha si intéressant.

Derrière deux poudres vertes visuellement similaires peuvent se cacher deux régions, deux climats, deux cultivars et deux histoires complètement différentes.

Connaître l’origine d’un matcha constitue donc une excellente porte d’entrée pour apprendre à le comprendre — mais certainement pas le seul critère pour apprendre à le choisir.

Questions fréquentes

Quelle est la région la plus célèbre pour le matcha au Japon ?

Uji, dans la préfecture de Kyoto, est probablement la région la plus célèbre et la plus historiquement associée au matcha japonais.

Où produit-on du matcha au Japon ?

Les principales régions productrices se trouvent notamment dans les préfectures de Kyoto, Kagoshima, Aichi, Shizuoka et Fukuoka. Du tencha destiné au matcha est également produit dans d’autres régions comme Mie, Nara ou Miyazaki.

Quelle région produit le plus de tencha au Japon ?

Les volumes ont fortement évolué avec l’essor mondial du matcha. En 2025, Kagoshima a produit 2 670 tonnes de tencha, ce qui en fait la première préfecture japonaise pour cette production selon l’association locale des producteurs de thé.

Le matcha de Kagoshima est-il différent du matcha d’Uji ?

Les deux régions diffèrent par leur climat, leur géographie, leur histoire et la structure de leur production. Mais il serait trompeur d’attribuer un goût unique à chaque région : le cultivar, la récolte et les méthodes de culture et de transformation peuvent avoir une influence considérable sur le résultat final.

Est-ce que tout le matcha japonais vient d’Uji ?

Non. Uji constitue une origine historique particulièrement prestigieuse, mais le matcha est aujourd’hui produit dans de nombreuses régions du Japon, notamment à Kagoshima, Aichi, Shizuoka et Fukuoka.

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